lundi , 23 octobre 2017
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Pour ne plus éviter les routes qui font peur.

Peur de conduire? Ça se soigne!

L’âge y est pour beaucoup. Mais pas seulement. La phobie du volant sévit aussi chez les jeunes candidats au permis de conduire. Alors, comment s’en débarrasser?

Chaque personne réagit différemment au volant d’une voiture. Certaines sont très à l’aise et font du véhicule un prolongement naturel de leur corps. D’autres rencontrent quelques difficultés avant de se sentir en situation confortable. Et puis, il y a ceux qui ont vraiment une peur bleue. Cette phobie de conduire s’appelle l’amaxophobie (du grec amaxa, le chariot, et phobia, la peur).

D’où vient cette phobie?
Stress, sueurs, maux de ventre, peur panique… Cette crainte excessive et irrationnelle a plusieurs cordes à son arc pour s’exprimer. Elle est rarement héréditaire et peut se développer après que la personne ait été témoin ou victime d’un grave accident. Il s’agit dans ce cas d’un stress post-traumatique. Vous avez peut-être perdu confiance en vous parce que l’on vous a beaucoup crié dessus lorsque vous appreniez à conduire ou après avoir fait un trajet stressant (gros brouillard, route verglacée, grêle, gros trafic, embouteillage dans un tunnel…). «En descendant un col plein de virages, je me suis sentie harcelée par un poids lourd qui me collait au train. L’horreur!» relate Manu. Il y a aussi ceux qui ne peuvent s’empêcher d’imaginer des accidents terribles une fois installés à la place du conducteur. Et ceux qui tremblent à chaque fois qu’il y a un obstacle ou une situation inattendue sur la route. Dans tous les cas, l’amaxophobie peut être très handicapante dans la vie de tous les jours, voire dans la vie professionnelle quand l’emploi nécessite de faire des déplacements en voiture. «La peur au volant est souvent liée à l’âge, plus la personne avance en âge, plus la crainte est forte, observe Frédéric, moniteur d’auto-école genevois reconnu par le TCS. Ces apprentis conducteurs sont souvent plus poussés par la nécessité (habitat éloigné par exemple) que par le plaisir de la voiture. Mais rien n’est systématique, les grosses craintes atteignent aussi des jeunes élèves conducteurs.»

Les solutions
Dans la plupart des cas, l’angoisse de conduire ne nécessite pas le recours à une thérapie particulière, généralement brève, tels qu’une thérapie comportementale et cognitive (TCC), un coaching par un praticien en PNL (programmation neuro-linguistique) ou l’hypnothérapie. L’assurance au volant vient d’abord de l’apprentissage. Il est indispensable de bien assimiler les règles de la circulation, autrement dit le code de la route, et d’apprendre les techniques pratiques (changements de vitesses, distance de sécurité, frein à moteur, démarrage en côte, manœuvres de stationnement…) «A force d’entraînement pour maîtriser le véchicule, de travail pratique sur les craintes que l’on peut avoir à l’entrée des autoroutes, sur autoroute, dans un tunnel, en pleine circulation, la peur et le stress diminuent considérablement, indique le moniteur d’auto-école. 95% des élèves arrivent à l’aise à l’examen pour l’obtention du permis de conduire.» Au bout du troisième échec, si les ratages sont manifestement liés au stress, l’élève est alors invité par le Bureau des Autos ou le moniteur à consulter un psychologue du CMU (Centre médical universitaire) qui lui fera passer une série de tests permettant d’établir sa capacité à tenir un volant. Notez aussi que les clubs automobiles (TCS, ACS) assurent des formations de perfectionnement complémentaires à l’examen pratique (conduite sur neige, glace, avec un véhicule tout terrain, avec une remorque…).

Quelques conseils
Si malgré toutes ces connaissances techniques et pratiques (si tu ôtes cette phrase, alors écrire: Si malgré tout,) vous continuez à ressasser des idées inquiétantes, à concevoir des itinéraires compliqués dans le seul but d’éviter les routes qui vous font peur ou que vous inventez toutes sortes d’excuses pour éviter de prendre le volant, voici des pistes.

  • Parlez-en à votre médecin, choisissez une thérapie adéquate.
  • Faites des exercices de relaxation avant de conduire. Si vous n’arrivez pas à vous détendre tout seul, apprenez avec un spécialiste.
  • Asseyez-vous confortablement dans votre véhicule, vérifiez votre tableau de bord et le bon positionnement de vos rétroviseurs.
  • Acceptez l’idée que conduire n’est dangereux que si l’on conduit de manière irresponsable. Restez vigilant, prudent, faites une pause si vous vous sentez fatigué, ne buvez pas d’alcool avant de conduire.
  • Et si vous n’avez pas conduit depuis longtemps, envisagez de reprendre un peu d’entraînement pour reprendre confiance.

Viviane Scaramiglia

Liens utiles
Pas de panique au volant, ouvrage de Roger Zumbrunnen, Editions Odile Jacob
Association suisse de psychothérapie cognitive:
Coaching PNL:

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