dimanche , 19 novembre 2017
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Mon ado est accro!

 

Sur ordinateur, sur téléphone portable, sur console ou sur tablette, la très grande majorité des jeunes se divertissent sur les écrans. Autre fait: la très grande majorité des parents s’en plaignent… Et s’inquiètent: passion ou addiction? Faut-il agir, à quel moment et surtout comment?

Les jeux vidéo sont devenus un divertissement populaire dans les années 80-90. Jeux de plateformes, stratégie, simulation, tir, aventures ou de rôle, joués seul-e ou à plusieurs sur Internet, on ne les compte plus!
Tout le monde joue ou presque, et surtout les enfants, 96 % des 10-14 ans et 89 % des 6-9 ans selon une étude française aisément transposable dans notre pays…* Et bien des parents, souvent non joueurs, supportent mal de voir leurs «petits» s’agiter devant un écran à l’aide d’un clavier ou d’une manette… Le problème commence quand le «petit» devient un geek ou un nerd, et le divertissement un comportement à problème, quand le joueur passe de la pratique du gaming au statut de gamer.

Le signal d’alarme
L’académie américaine de pédiatrie fixe le seuil à deux heures d’écrans par jour au-delà desquelles on peut parler de «dépendance au jeu vidéo», de game ou cyber-addiction, d’addiction. Ceci étant, nombreux sont ceux, dont des psychologues, qui revendiquent les «vertus» des jeux vidéo: éveil, agilité, stratégie de résolution, coopération,… et qui s’accordent plutôt sur le terme de «pratique excessive».
Les jeux en ligne, où le game dépasse souvent le plaisir du play, sont en particulier montrés du doigt mais les symptômes surgissent indifféremment que l’on joue à Candy Crush ou StarCraft… Le joueur devient incapable de décrocher et cumule les symptômes: appauvrissement de la vie sociale, douleurs somatiques, décrochage scolaire, agitation, troubles de l’appétit et du sommeil, manque d’hygiène. La dépendance est réelle. La Fondation Phénix, spécialisée dans le traitement ambulatoire des addictions avec ou sans substances, évoque «un éventuel trouble psychologique caractérisant un besoin irrésistible et obsessionnel de jouer à un jeu vidéo». Le joueur devient un «no life» (sans vie)… Michaël Stora, psychologue clinicien dans un centre médico-psychologique à Paris, propose l’absence au repas du soir comme signal d’alarme.
«Le temps passé à jouer est un indicateur parmi d’autres, précise Philip Nielsen, psychologue psychothérapeute FSP du Centre Phénix Mail pour adolescents et jeunes adultes. Il préfère retenir comme critère d’inquiétude l’impact qualitatif des jeux vidéo sur le jeune et son entourage: le repli, les résultats scolaires, l’ambiance familiale.

Le diagnostic et le traitement
Des tests d’évaluation en ligne existent également, à l’instar de «Quelle est ma relation au jeu?», proposé par stopjeu.ch, développé par l’Institut de Santé Globale de la Faculté de médecine de l’Université de Genève et le Centre du Jeu Excessif du Service de psychiatrie communautaire au CHU de Lausanne.
Si la réponse est «oui», le joueur et souvent sa famille devront se faire accompagner. Comme par exemple par la Fondation Phénix qui depuis 30 ans propose une approche globale et personnalisée sur la base d’une évaluation globale de la situation du jeune, d’un accompagnement et d’un suivi personnalisés, d’une thérapie individuelle, parentale et familiale «Nous sommes le seul établissement en Suisse à pratiquer cette méthode qui a fait ses preuves». Pour ce spécialiste, les parents doivent réagir vite, «ce n’est malheureusement pas souvent le cas». Car si les 11-13 ans peuvent être sortis d’affaire avec 4 à 8 mois de suivi, les addicts sévères souvent plus âgés qui vivent en retrait social absolu, «sont très difficiles à soigner».
Et là, on ne joue plus…

Isabelle Fringuet-Paturle

* Étude réalisée par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies auprès de 2’000 élèves de 12 à 16 ans en 2014

Centre Phénix Mail pour adolescents et jeunes adultes
Rue des Rois, 21-23,  1204 Genève
Tél. 022 404 02 30

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