samedi , 16 décembre 2017
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Anne-Rosalie Bourquin et Emilie Brunetière, travailleuses sociales, SOS Femmes. © Magali Girardin, Eric Roset

Un soutien pour revivre

Elles s’appellent Iris, Angela ou Anna. Souvent migrantes et mères de famille, elles ont décidé de sortir de la prostitution ou d’une impasse de vie. Et se sont adressées à SOS Femmes

«SOS Femmes a été créée en 1940 par Émilie Gourd», explique Martine Chaponnière, présidente de SOS Femmes, docteure en sciences de l’éducation, spécialiste de l’histoire et de la formation des femmes et professeure en études de genre à l’université de Genève.
«Emilie Gourd œuvrait alors dans le Cartel d’hygiène sociale et morale avec quelques dames protestantes. Elles offraient aux prostituées un «havre de paix» dans un petit bureau des Pâquis avec du café, de l’écoute et de l’aide, si elles le souhaitaient, pour sortir de la prostitution. C’était l’idée de relever la femme tombée comme on disait à l’époque…»
Dans les années 1970, SOS Femmes désormais subventionnée par l’État s’est professionnalisée avec des travailleuses sociales.
Dans le même temps, elle a étendu son action auprès de femmes en rupture socio-économique, «cela permet aussi d’éviter la stigmatisation des prostituées en reconversion chez nous», précise Martine Chaponnière.

La lutte pour une vie meilleure
Aujourd’hui, SOS Femmes est recentrée sur les femmes migrantes, les mères de famille et les travailleuses du sexe avec trois unités complémentaires pour «les soutenir dans leur lutte pour une vie meilleure sur le plan social et économique avec une approche holistique et non jugeante».
Il y a la Consultation Sociale & Professionnelle qui propose un suivi personnalisé pour développer des compétences sociales, professionnelles et administratives et «permettre aux femmes de redevenir actrice de leur vie». Le Pôle social accompagne les travailleuses du sexe dans l’arrêt de leur activité et le Pôle professionnel aide à la recherche d’emploi et à accéder à des cours et formations.
176 femmes y ont été suivies en 2016 dont 99 (ex-)travailleuses du sexe et 317 projets de cours et de formation d’emploi y ont été menés.
Les Fringantes, boutique de vêtements et accessoires de seconde main, créée en 1997 est un lieu de développement de compétences. Les femmes y suivent des stages de vente afin de se préparer à réintégrer «le vrai marché du travail». 74% des 39 stagiaires sont en rupture d’emploi de longue durée et 92% issues d’un parcours de migration…
Des ateliers, partage de parole, gestion administrative, élaboration de projet de formation ou entrepreneurial, sont organisés dans cette entreprise sociale.
Enfin Créature, ex Label  Bobine, est une plateforme de création et de production couture Made in Genève. C’est surtout une entreprise sociale et un outil d’insertion sociale avec 29 collaboratrices, stagiaires ou personnes en emplois de solidarité. Ainsi Lor, couturière non qualifiée, a pu y valider ses acquis. Lor est maintenant couturière indépendante et formatrice pour adultes à Créature.

Isabelle Fringuet-Paturle 

SOS Femmes
Rue de la Madeleine 10, 1204 Genève

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