mardi , 20 février 2018
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Mon traître est une pièce qui ne laisse pas indifférent. ©Emmanuel Meirieu

L’Irlande de Mon traître

Au Théâtre Forum Meyrin, ils sont trois. Trois hommes, unis autour de la même histoire: celle d’une trahison qui trouve ses origines dans l’histoire de l’Irlande contemporaine. C’est violent et c’est sombre. C’est Mon traître, pièce adaptée des romans de Sorj Chalandon et mise en scène par Emmanuel Meirieu. À voir le mardi 20 février.

4 avril 2006. Denis Donaldson, ancien leader de l’IRA (Armée républicaine irlandaise), meurt assassiné. Pour quelles raisons? Le 17 décembre 2005, il avait signé son arrêt de mort en avouant sa trahison: voilà plus de 25 ans qu’il trahissait sa cause et ses compagnons de lutte, en fournissant des renseignements aux services secrets britanniques. Face à cet aveu, son ami, le reporter français Sorj Chalendon, tombe de haut. Correspondant de guerre en Irlande, il avait rencontré Donaldson dans les années 70. À ses côtés, il était entré en guérilla, avait lutté dans des opérations secrètes, avait même pris part aux fêtes de famille des Donaldson… avant que tout ne s’écroule. La trahison de Denis Donaldson envers l’IRA ne se double-t-elle pas aussi d’une trahison plus personnelle…? Ce questionnement poussera Chalendon à écrire deux romans puissants: Mon traître (2008) et Retour à Killybegs (Grand Prix du roman de l’Académie française, 2011).

Fictions du réel
Intimement liés à l’histoire irlandaise contemporaine, ces deux romans retissent les liens nouant les destins de Donaldson et Chalendon. Le premier s’intéresse à l’ami trahi, tandis que le deuxième donne la parole au traître. On y rencontre ainsi le personnage d’Antoine (avatar de Chalendon), luthier parisien et passionné de musique irlandaise. En 1977, à Belfast, il rencontre Tyrone (alias Donaldson), un membre de l’IRA qui sera arrêté par les forces britanniques en 1979. Libéré en 1981, Tyron joue alors un double jeu–qu’Antoine ne découvrira que quelque vingt ans plus tard. «Je m’appelle Tyrone Meehan. Je suis un agent britannique. J’ai été recruté à un moment délicat de mon existence. On m’a payé pour donner des informations.» Jouant avec deux textes puissants, la mise en scène d’Emmanuel Meirieu adapte des œuvres romanesques douloureuses. Un micro, trois monologues (le trahi, le fils du traître et le traître), trois acteurs (Jean-Marc Avocat, Stéphane Balmino, Laurent Caron): il n’en faut pas plus pour dire l’émotion et le désespoir. Se drapant dans une bande-son à la limite de l’épique (signée Raphaël Chambouvet), Mon traître résonne de regrets et de déchéance… pour mieux susciter, chez son spectateur, l’empathie nécessaire à la compréhension d’un tel drame. À voir.

Magali Bossi

Mon traître
Le 20 février à 20 h 30
Théâtre Forum Meyrin, pl. des Cinq-Continents 1, 1217 Meyrin
Tél. 022 989 34 34

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