samedi , 17 février 2018
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Genève ça tourne. © Daniel Vittet

Quand Genève crève l’écran!

Le festival Genève ça tourne se déroule au Théâtre Saint-Gervais jusqu’au 24 février, autour d’une installation et des projections d’extraits de films tournés à Genève. Rencontre avec son commissaire, Christophe Billeter…

Christophe Billeter est passionné de cinéma: chroniqueur à La Télé, technicien, machiniste et assistant-électricien sur Stairs de Peter Greenaway, co-réalisateur de Brutalos, «en compétition à la 37e Semaine de la critique du Festival de Cannes», critique, programmateur au Spoutnik, exploitant… Pas étonnant que Philippe Macasdar, directeur du théâtre, ait fait appel à lui alors qu’il se demandait «à quoi ressemble Genève dans l’imaginaire cinématographique collectif?».
Pour y répondre, Christophe a traqué les occurrences de la ville, «dans plus de 200 films et séries des années 1960 à ce jour». Et très vite, le buzz s’est enclenché: «les amis cinéphiles, les producteurs et même les ayants droit m’ont signalé des films. Puis, je les ai triés par thématiques, nationalités, lieux de tournage dans la ville (parfois prétendus…)».

De la technique
Genève ça tourne est composé d’une installation vidéo: près de 100 extraits de longs-métrages de fiction et séries télé, tournant en boucle sur une quarantaine de moniteurs. «Ils sont de tous genres et de toutes nationalités». Sauf peut-être les films de Bollywood pour cause de droits. Dommage, «ils représentent Genève comme un paradis sur terre!»…
En parallèle, 6 films seront projetés du 1er au 3 février. Ils sont consacrés au cinéma du Groupe des 5 (l’ex Nouveau cinéma suisse avec Tanner, Soutter, Goretta, Roy et Lagrange), au cinéma suisse et genevois qui anticipe Mai 68, à des films clés tournés en ville «dont une adaptation de Belle du seigneur de Bonder avec Marianne Faithfull jamais diffusée ici» et enfin à la nouvelle génération du cinéma local.

Un travail ethno-cinématographique
Contrairement aux idées reçues, le Jet d’eau n’est pas le plus filmé «mais les quais, puis la Place Neuve, «surtout par les réalisateurs genevois», les rues basses, l’aéroport ou les Nations Unies comme dans Largo Winch 2.
«Tanner a filmé ses lieux favoris, la Jonction, le sentier des Saules, Godard et Kieslowski dans Trois couleurs: Rouge « et une approche fantaisiste de la ville » ont filmé la place Neuve et les escaliers du Grand Théâtre.
«Mon plan préféré est le pont des Bergues filmé par Philip Kaufman face au pont de la Machine dans L’insoutenable légèreté de l’être avec D. D. Lewis».
Bien d’autres stars ont foulé nos pavés: Deneuve, Trintignant, Damon, De Niro, de Funes, Bronson «dans une scène d’action près du monument Brunswick»…
Christophe a aussi dénoté des thèmes récurrents: «la verdure, l’eau, la nature», et aussi «une drôle de perception de gens de passage, avec souvent des personnages en errance…».
Son film préféré ? Haschich du genevois Michel Soutter, tourné à Genève en 68.

Isabelle Fringuet-Paturle

Genève ça tourne
Christophe Billeter, sur une idée de Philippe Macasdar
Installation jusqu’au 24 février
Rue du Temple 5, 1201 Genève

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