mardi , 24 avril 2018
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L'adaptation du roman est faite sous forme de monologue. ©Yunus Durukan

Une histoire bouleversante

Le 11 février, les Caves de Bon-Séjour, à Versoix, accueillent la pièce Un juif pour l’exemple interprétée par Thierry Roland, mise en scène par Miguel Fernandez-V et produite par Chassot Productions. Entretien avec le comédien qui a partagé sa vision de cette dernière avec ferveur et conviction.

Pourquoi adapter Un juif pour l’exemple?
J’ai découvert cette histoire il y a quelques années et j’ai été atterré par cette dernière. Elle me bouleverse encore… J’en ai parlé autour de moi et ai constaté que beaucoup ne la connaissaient pas. C’est une histoire qui s’est passée en Suisse et je ne connais pas d’autres exemples de ce type dans notre pays. J’ai voulu la faire connaître, dénoncer les actions qu’elle relate.

Ses thématiques sont-elles toujours d’actualité aujourd’hui?
Les jeunes, dont le roman de Chessex relate l’histoire, ont commis l’irréparable, quelque chose d’atroce, mais la société en est responsable aussi. Ce n’est pas une histoire fictive, c’est une histoire qui s’est produite dans les années 40 dans notre pays. Nous sommes dans la réalité. Aujourd’hui, il n’y a pas forcément les mêmes causes, mais le fanatisme, l’endoctrinement dans certaines idéologies et les dérives qui peuvent en découler sont toujours présents. C’est notre devoir de mémoire d’en parler. Ce qui me touche dans cette histoire, c’est aussi le manque de regard que l’on peut avoir. Elle parle aussi de la vision que l’on a de l’autre et de ses différences.

Que pensez-vous de l’œuvre de Jacques Chessex?
Il est un auteur que j’apprécie. C’est quelqu’un qui explique bien les choses telles qu’elles doivent être dites. Il fait de la poésie sans superflu. Bien que nous ayons adapté le texte et repris au moment du procès, la pièce étant un monologue du procureur, je suis quand même parti des mots et des choix de l’auteur.

Est-ce une pièce avec laquelle vous tournez depuis longtemps?
Nous l’avons créée en 2016 à Genève, ce qui a coïncidé, par pur hasard, avec la sortie de l’adaptation cinématographique du roman. Nous l’avons également interprétée au dernier festival d’Avignon et repartons sur cette lancée, cette année. Nous commençons à présent à tourner en Suisse et nous allons même nous rendre à Payerne, lieu où se déroule l’histoire. C’est un énorme pas en avant: non pas qu’elle était dans le déni, mais c’était toujours quelque chose de refoulé.

Avez-vous d’autres projets?
J’ai d’autres projets en solo, mais aussi avec ma compagnie, la Compagnie du Tards, avec laquelle j’ai créé Un juif pour l’exemple. Elle met en scène deux types de spectacles: un théâtre plus social qui touche aux problématiques actuelles et un théâtre qui aborde la communication. Celle au sein des couples, entre les parents et les enfants… Bien sûr, je souhaiterais tourner le plus possible avec la pièce Un juif pour l’exemple. Ceux qui l’on vue, notamment à Avignon où les gens étaient de nationalités différentes, ont été touchés par cette histoire universelle qui aurait pu se passer n’importe où. Cependant, le fait qu’elle se soit passée en Suisse où nous étions loin de l’envahisseur, la rend encore plus tragique.

Anastassia Issakova

Un juif pour l’exemple
Le dimanche 11 février à 17 h
Les Caves de Bon-Séjour, rte de Sauverny 6, 1290 Versoix
Réservation tél. 022 950 84 00
[email protected]

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